Les 1% Réalisés depuis 2015

Les constructions de collèges en Seine-Saint-Denis continuent. 4 opérations de "1% artistiques" ont récemment été réalisées pour des établissements à Aubervilliers, Drancy, Noisy-le-Sec et Montreuil. Et 2 appels à projets viennent d’être publiés pour des collèges en cours de reconstruction à Pantin et La Courneuve et dont les livraisons sont prévues pour 2021.

 Laurent Pernot

Collège Françoise Héritier à Noisy-le-Sec : "Au gré des mots", 2019-20

"Dans le contexte de la commande d’une oeuvre d’art pour ce collège, je me suis particulièrement attaché à la personnalité de Françoise Héritier. Historienne, géographe, ethnologue et anthropologue, Françoise Héritier compte parmi ces personnalités publiques qui ont marqué notre histoire en tant qu’intellectuelle et scientifique, mais aussi en tant que femme engagée, écrivaine et émancipée. Engagée toute sa vie durant à étudier et comprendre les rapports qui sous-tendent l’ensemble des êtres vivants au sein de la Nature, Françoise Héritier a formulé un concept qui a bouleversé nos perceptions et nos représentations au sein même des sociétés humaines : la valence différentielle des sexes.

Au sein même du Centre de Connaissances et de Culture, je propose de concevoir une installation suspendue qui rend hommage au langage, aux mots et à l’œuvre de Françoise Héritier. En résonance avec la métaphore du mikado qu’elle employait souvent pour définir les structures et les particularismes des cultures (jeu de projection de bâtonnets à la fois aléatoire et agencé), j’envisage de composer un nuage de mots suspendus, et constitué de lignes enchevêtrées. De plus, je souhaite que les mots interagissent subtilement avec l’environnement du lieu et en fonction du déplacement du regard, en dialoguant notamment avec l’éclairage et la lumière naturelle, par des jeux de transparences et de miroir. Les mots seraient extraits des ouvrages de Françoise Héritier, représentatifs de ses travaux, de ses convictions et de sa personnalité.

Enfin, à l’entrée du collège dans l’espace du parvis abrité, une présence de mots au niveau de l’interstice architecturale vers le ciel permettrait d’accueillir les collégiens et usagers avec une citation emblématique de Françoise héritier : « Etre différent ne veut pas dire inégal ». Il me semble que cette citation fait sens pour les jeunes, à un âge où les identités et les différences se cristallisent.

Je souhaiterais vivement engager une série d’interventions au sein même du collège et avec la participation des élèves, afin de définir collectivement le choix des mots et expressions - extraits des ouvrages de Françoise Héritier - qui composeront l’installation. Par l’organisation d’ateliers enregistrés et documentés, j’envisagerais également un rapport qui contiendrait des textes et des images et qui prendrait la forme d’une édition. Ce livre, comme les ouvrages de Françoise Héritier, constituerait comme une étude et une trace à la fois ethnologique et humaniste du collège, autour du processus de création de l’œuvre et plus largement autour du langage."

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 Chourouk Hriech

Collège Gustave Courbet à Pierrefitte-sur-Seine : « Dessiner les mondes », 2017-18.

"Je sollicite l’histoire des lieux que je traverse associant ainsi dans mes dessins l’architecture, la nature, la déambulation, l’urbanité et la mythologie ». C’est sur cette base que l’artiste franco-marocaine Chourouk Hriech a choisi, pour le collège reconstruit Gustave Courbet, de s’inspirer des origines multiculturelles des collégiens pour la réalisation de son 1% "Dessiner les mondes". Son oeuvre dialoguera avec l’architecture en proposant une déambulation entre l’accueil et le Centre de connaissance et de culture du collège, ponctuant le parcours de fresques murales monumentales au Posca gouache et de gravures sur certaines vitres à l’intérieur de l’établissement.

Des études de certaines de ces fresques seront préparés dans le cadre d’ateliers avec les classes de collégiens, en collaboration également avec les Archives Nationales qui se trouvent à quelques encablures de l’établissement.

Architecte du collège Gustave Courbet : Da Costa Architectes

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 Heidi Wood

Collège Aretha Franklin à Drancy/La Courneuve : "Alentour", 2019-20

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"Mon projet artistique cherche à rétablir symboliquement les flux avec les environs du collège dans une perspective de valorisation du territoire. Puisque les élèves du nouveau collège viennent de trois villes - Drancy, Bobigny et La Courneuve - ce territoire aura des limites floues. Plutôt qu’une entité administrative, il sera une zone imaginée. Les contours et les atouts de ce patrimoine seront définis en discussion avec les élèves en amont de l’installation des œuvres.

A partir de nos réflexions, on élaborera ensemble un dossier de candidature fictif à l’attention d’Unesco pour certifier le quartier du collège comme patrimoine mondial. Le tissu urbain et les modes de vie qui forment le quotidien des élèves deviennent ici un nouveau patrimoine à célébrer. On définira un avenir qui sera digne d’intérêt de regards extérieurs et on mènera campagne pour obtenir sa reconnaissance. Les visuels issus de mon étude du territoire seront déclinés dans l’établissement sous la forme de fresques en acier émaillé dans les couloirs, accrochées au dessus du carrelage.

Si mon intervention artistique privilégie le paysage urbain du quartier – son patrimoine matériel – le projet pédagogique sera consacré à son patrimoine immatériel : son mode de vie. Les ateliers résulteront en des œuvres pérennes installées dans le collège (huit écussons en acier émaillé), une campagne d’affichage et un blog." Heidi Wood

Architecte du collège Gustave Courbet : Da Costa Architectes. Maîtrise d’ouvrage : VINCI

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 Olivier Vadrot

Collège Miriam Makeba à Aubervilliers/Saint-Denis : "Fossiles", 2019-20

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"J’ai souhaité utiliser des formes sculpturales simples, certaines géométriques, d’autres réalistes, qui cohabitent dans un dialogue poétique. Elles sont rassemblées en quatre saynètes dont les éléments se font écho. Ces saynètes possèdent un vocabulaire commun. L’œuvre prend place dans la cour du collège, un espace minéral bordé par une noue végétalisée et planté de quelques arbres, en vis-à-vis de la façade métallisée du collège. Les éléments de l’œuvre fonctionnent comme un décor qui habite la cour. Ils deviendront un paysage familier commun pour les collégiens, qui se donneront bientôt rendez-vous “près des dunes“ ou “sur les colonnes“. Il s’agit d’un décor minimal, qui peut faire penser au théâtre de Samuel Beckett dans lequel des formes relativement abstraites entrent en jeu avec les protagonistes (je pense notamment à “Acte sans parole“).

Ces saynètes proposent aussi, plus prosaïquement, quatre zones fonctionnelles où se rassembler, s’asseoir, s’appuyer. Parce que cette partie de la cour, située à l’ombre quand les arbres auront grandis, semble propice aux discussions, à l’échange. Ils apparaissent comme les supports de possibles scénarios : s’assoir dos à dos sur les monticules, poser ses fesses sur les jarres ou le mur, s’étendre en équilibre sur une colonne, etc.

Les sculptures importantes, monticules, murets, jarres, colonnes, seront réalisées en pierre massive, dans trois grès de couleurs issus de trois carrières différentes : grès rose des Vosges (en fait plutôt situé en Alsace), grès vert de Toscane, grès jaune d’Espagne. Réalisées en fonderie (bronze ou aluminium), des branches viennent habiter ces formes minérales, comme ces racines d’arbre qui ouvrent des brèches dans les pierres d’un site archéologique : fossilisation et lente érosion des formes produites par l’homme partout sur la planète."

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 Etienne Rey

Collège Christine de Pisan à Aulnay-sous-Bois : "Harmoniques", 2018-19.

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"L’œuvre que j’imagine est composée d’une grande surface monochromatique, à l’échelle de l’architecture, située à l’entrée du bâtiment. Cette surface est vibrante, elle s’active et révèle des interférences avec l’environnement, en fonction du déplacement et du point de vue de l’observateur. Elle s’aborde comme un sas qui dévoile des porosités avec l’architecture, le paysage urbain et ses usagers. De l’extérieur, cette surface de couleur, apparaît comme un monochrome et se métamorphose ensuite lorsqu’on se situe au sein du bâtiment. À proximité, celle-ci révèle une harmonique chromatique, une onde visuelle, qui fluctue en fonction du mouvement. Les zones de réflexion ajoutent à l’image restituée les silhouettes de l’architecture et des passants. Les multiples dimensions se révèlent dans l’espace et dans le temps par la transformation même de l’œuvre qui s’appréhende différemment à chaque heure de la journée, à chaque saison, selon la position de l’observateur, de ses déplacements, et dessine ainsi l’évolution de l’harmonique visuelle." Etienne Rey

Architecte du collège Christine de Pisan : Roland Carta. Maîtrise d’ouvrage : FAYAT

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 Abraham Poincheval

Collège Gisèle Halimi à Aubervilliers : « Narcisse et le selfie », 2017-18.

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Pour son "1% artistique" Abraham Poincheval a posé comme point de départ de sa réflexion l’adolescence, ce moment précis où tout change : le corps, le rapport à soi, à son image, aux autres. Son oeuvre est composée de deux volets :

A : Une sculpture-habitacle installée au milieu de la cour de récréation et dont toutes les faces sont en verre sans tain, d’un seul tenant. Ses dimensions sont adaptées à celles de l’artiste ... qui prévoit d’y vivre 24 heures sur 24. B : Cette performance qui durera une semaine, sera préparée avec des élèves et des enseignants lors d’un atelier. Elle permettra à l’artiste d’accumuler et de classer, lors de son isolement, une multitude de selfies et de portraits transmis progressivement en temps réel par les collégiens.

A l’issue de la performance, l’habitacle prendra pleinement son "rôle" de sculpture pérenne au coeur de la vie de l’établissement. A certains moments de la journée, la sculpture s’illuminera de l’intérieur, le miroir sans tain cessera alors d’être réfléchissant pour révéler l’anatomie du monolithe. Ce dernier diffusera par bribes et en continu, via des écrans installés à l’intérieur, les (auto)portraits des élèves.

Le Centre de connaissance et de culture du collège abritera des films et des livres dont les thématiques entrent en résonance avec l’oeuvre : le monolithe dans l’histoire, le palimpseste, la camera obscura, les mythes de Narcisse, de Diogène etc.

Architecte du collège Gisèle Halimi : Alcyone Architectes

 Elsa Sahal

Collège Germaine Tillion à Livry-Gargan : « Des jardins perdus », 2018.

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Elsa Sahal a choisi pour son oeuvre les quatre patios qui ornent le bâtiment principal de ce nouveau collège et qui sont visibles pour les élèves depuis les couloirs des salles de classe du premier et deuxième étage. Chaque patio encadrera un jardin de fleurs-sculptures en céramique et en bronze-alu, entouré de sédum ; chaque jardin évoquera ainsi une saison de l’année par sa tonalité, son mouvement et sa forme.

Le titre de l’oeuvre se réfère au nom de la rue du collège Germaine Tillion, et évoque les jardins galants (associés aux guinguettes) qui bordaient le canal à l’époque de l’essor industriel de la ville.

Que ce soit entre autres en sciences et vie de la terre, en lettres, en arts plastiques, la question du vivant peut se poser de multiples façons et de manière transdis­ciplinaire. Ainsi, le "1% artistique" d’Elsa Sahal inclut un atelier de réflexion mené avec les enseignants et les élèves autour de la question de la cohabitation avec la nature dans la ville de demain.

Architecte du collège Germaine Tillion : Ameller-Dubois Architectes. Maîtrise d’ouvrage : FAYAT.

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 Simon Boudvin

Collège Solveig Ansprach à Montreuil : « Vieille branche (une histoire naturelle des quartiers de Bagnolet et Montreuil) », 2018.

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Simon Boudvin habite depuis des années à la jonction entre Bagnolet et Montreuil, à proximité de ce nouveau collège. Il porte depuis toujours un regard particulier sur le rôle particulier, et parfois sauvage, que joue la nature dans la densité urbaine.C’est ainsi que l’artiste a souhaité proposer une oeuvre en deux volets qui met en perspective les éléments d’une histoire naturelle des quartiers de Bagnolet et Montreuil, à la lisière du parc Jean Moulin-Les Guilands : 1) dans le jardin partagé reliant les bâtiments du collège et le parc départemental : une sculpture faite de bûches de châtaigner qui évoluera dans le temps et pourra servir d’habitat à une faune locale (insectes, hérissons, passereaux,...), 2) l’édition d’un "guide d’écologie urbaine » ; un inventaire photographique de couples arbres/immeubles des quartiers autour du collège, fruit d’une série de workshops organisés durant l’année 2018/19 en collaboration avec la Maison du Parc Jean Moulin-Les Guilands.

L’oeuvre vise ainsi à partager des observations propres à l’écologie en ville, et à intégrer, avec les mots de l’artiste « la vieille branche de la botanique dans notre culture urbaine ».

Architecte du collège Solveig Anspach : Mikou Design Studio. Maîtrise d’ouvrage : FAYAT.

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 Boris Achour

Collège Jean Jaurès à Saint-Ouen : « En attendant Alice », 2013-15.

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Le titre du "1% artistique" de Boris Achour, En attendant Alice, évoque deux œuvres littéraires majeures, chères à l’artiste : En attendant Godot de Samuel Beckett et Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. L’œuvre elle-même est composée de neuf « chapitres » dispersés dans le collège : un sourire en acier peint se découpe sur un des murs du CDI, des pieds de tables multicolores tombent du plafond dans le couloir d’à côté, des horloges dans le hall et dans la cour ne montrent pas l’heure mais simplement le temps qui passe ; une lumière bleutée envahie les escaliers, des messages énigmatiques se gravent sur les bancs dans la cour, etc. Comme certains types de puzzle, chaque pièce existe séparément tout en formant un tout. Ici, chaque intervention est comme l’indice d’un jeu de piste mystérieux, dont la solution reste à inventer. L’ensemble crée une ambiance étrange et bizarre, s’infiltrant discrètement dans le quotidien des élèves … comme si le collège était tombé dans le fameux tunnel d’Alice.

Architecte du collège Jean-Jaurès : Soria Architectes

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 Didier Marcel

Collège Jacqueline de Romilly au Blanc-Mesnil : « Les habitants du jardin », 2015.

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« L’œuvre « Les habitants du jardin » s’inscrit dans le jardin doté d’une mare pédagogique qui fait de ce lieu un univers poétique et naturel en soi. Les deux sculptures constituant mon projet se mêlent aux arbres plantés avec une indifférence naturelle et s’intégreront d’autant mieux quand la végétation aura atteint sa croissance maximale. L’œuvre est une installation qui prend en compte l’univers du jardin et son environnement en amplifiant l’échelle du paysage par une relation poétique entre l’arbre et l’habitat : la cabane dans les arbres et le nid. C’est un contrepoint critique à l’urbanisation, un lieu de respiration où la nature et le construit retrouveraient une harmonie originelle.

Les troncs incarnent la forêt comme lieu protecteur où se sont développées les premières civilisations. Les moulages en résine polyester et fibre de verre exaltent la qualité sculpturale et décorative du motif des écorces et nous projette dans l’ouvrage, la sculpture et l’architecture (la colonne).

Les tentes sont également des épreuves en résine polyester obtenues par moulage d’objets réduits. Il s’agit en effet de construire de réels objets réduits (pour donner l’illusion d’une plus grande hauteur de perchage) et d’en effectuer une empreinte afin de produire des moulages. La proposition soutient un paradoxe temporel en associant la permanence de la figure hiératique de l’arbre à la légèreté éphémère du camping cultivant la sensation de liberté. » Didier Marcel

Architecte du collège Jacqueline de Romilly : LEHOUX PHILY SAMAHA Architectes. Maîtrise d’ouvrage : EIFFAGE.

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 Céline Ahond

Collège Pierre Curie à Bondy : « Jouer à faire semblant pour de vrai », 2015.

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"Le projet que je propose pour ce 1% artistique, intitulée Jouer à faire semblant pour de vrai, est une œuvre de performance constituée d’un ensemble de volets qui se déploient dans le temps et dans l’espace du collège Pierre Curie : un lancement, des ateliers-rencontres, une exposition, la réalisation d’une peinture murale, le tournage d’un film-performance, l’édition d’un livre et d’un DVD partagée lors de la clôture, sont autant d’occasions de faire le lien entre les collégiens et moi-même, et entre tous les acteurs du projet à chaque niveau.

L’œuvre a pour objectif de créer un espace ouvert, un lieu où des événements seront concrètement vécus, redoublés par une fiction qui se mettra en place grâce au tournage, offrant ainsi un terrain de jeu où réalité et fiction viennent se confondre pour créer une mise en scène subtile de la vie.

Je souhaite offrir un regard nouveau sur le médium de la performance et sa pratique contextuelle. Développer l’œuvre de performance Jouer à faire semblant pour de vrai avec les collégiens en pleine construction personnelle est rendu possible grâce à leur énergie. En retour, les collégiens peuvent alors prendre la parole dans le contexte d’une œuvre à la fois accessible à tous et ambitieuse, à la charnière de l’art et la vie. J’insisterai sur le fait que Jouer à faire semblant pour de vrai existe par le dialogue : c’est une œuvre de la rencontre." Céline Ahond

Architecte du collège Pierre Curie : AMM Architectes. Maîtrise d’ouvrage : EIFFAGE.

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 Eric Baudelaire

Collège Dora Maar à Saint-Denis/Saint-Ouen« Dora Maar, début, 2015-2019 ».

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"L’oeuvre se présente comme une série de quatre films (ou un film en quatre temps) réalisés avec un groupe d’élèves du Collège Dora Maar au cours des quatre années de leur scolarité.

Un film comme le portrait d’un groupe dans un temps et un lieu, un collège en banlieue parisienne à une période charnière de la vie, dont le sujet serait sa propre fabrication, une collaboration entre un cinéaste et de jeunes élèves. Un film évolutif, à l’image de ses sujets qui en deviendraient progressivement les auteurs. Un film qui puisera autant du côté du documentaire que de la fiction pour creuser l’idée que le collège et le cinéma sont des territoires qui ont au moins une chose en commun : d’être des chantiers d’invention de soi. Un film essai, un film au long cours, un film participatif au titre provisoire : Dora Maar, début, 2015-2019.

Si le résultat ne peut être décrit précisément à ce stade, on peut parler d’envies. Envie de faire un film au long cours, pendant quatre années, un temps de tournage rarement envisageable dans les modes actuels de production. Quatre années déterminantes dans la vie d’un enfant, une période de transition de l’enfance à l’adolescence et à la vie adulte.

Le format des workshops sera hybride et ne fera pas la distinction entre tournage, discussion et séances de travail collectif. Nous parlerons de la vie de chacun, de la vie ensemble, du cadre : le collège, la famille, le collège, les amis. Progressivement, au cours des séances, le sujet deviendra la fabrication du film lui-même, et les participants prendront possession des moyens de fabrication, l’image et le son, accompagnés par l’équipe du film.

Au terme du projet en 2019, une version définitive sera produite, et la forme longue du film aura vocation à circuler librement dans l’espace publique : projections au collège, en festival, sur internet, une œuvre publique libre d’accès et sans support fixe. Le projet inverse quelque peu la conception conventionnelle du 1% artistique : ce n’est pas l’œuvre qui vit dans le bâti, c’est le collège qui vit dans l’œuvre." Eric Baudelaire

Architecte du collège Dora Maar : PLATANE ET ILIC. Maîtrise d’ouvrage : EIFFAGE.

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 Thu Van Tran

Collège International, Noisy-le-Grand : « Mots d’ordre », 2015.

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"Au regard de ma pratique, je choisis de destiner ma proposition artistique au projet d’enseignement des langues vivantes dispensé par le Collège International. Une matière, qui selon moi, soulève des réflexions autour de l’appartenance et de l’intégration au travers de questions liées à la langue, la parole, le parlé, le vivant, le présent.

L’oeuvre que je propose consiste en la réalisation et l’installation d’une douzaine d’écritures lumineuses, en néon, parsemées dans l’ensemble du bâti du collège, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Ces écritures de lumière reproduisent des phrases consignées par Marguerite Duras en Mai 68. Il s’agit de ‘’mots d’ordre’’ écrits, tagués, exprimés sur les murs, dans la rue, les universités, qui ont attiré l’attention de l’auteure au point qu’elle en recopia le contenu.

Afin d’associer ces phrases au projet d’enseigner les langues vivantes au collège que sont le portugais (du Brésil), le chinois, l’arabe et l’anglais, je décide de retranscrire un ensemble de deux ou trois citations par langue ainsi qu’en français. Le projet artistique tente ainsi une composition sémantique déployée autour de traduction, retranscription de mots d’une langue à une autre.

D’un point de vue esthétique, la couleur du néon sera la même pour chacune des langues : une couleur bleue standard. Le bleu va renvoyer à la couleur de l’encre, l’encre de l’écrit. La lumière bleue est également celle qui semble aller le mieux avec l’ambiance des bâtis du collège ; entre le blanc, le gris anthracite, le noir, et la couleur des bardages bois, le bleu apparaîtra comme une épure.

Pourquoi le néon ? Ce matériau devenu tant banal dans le champs des arts plastiques et tant fonctionnel dans le champs graphique et signalétique ? Il combine pour moi ces deux aspects qui concordent avec le projet. Les écritures en néon se rapprochent du tag, en cela que ce matériau se banalise et s’affirme dans le champs de l’espace public, mais aussi il se dote d’une force évocatrice, une force d’information, tant il se lie avec la signalétique. Les néons pourront s’éteindre et s’allumer en fonction de la vie de l’établissement. On pourra imaginer allumer une phrase, puis l’éteindre en fonction des heures." Thu Van Tran

Architecte du Collège International : SCAU Architectes. Maîtrise d’ouvrage : EIFFAGE.

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 Angela Detanico et Rafael Lain

Collège Anatole France aux Pavillons-sous-Bois : « Les Pavillons ».

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"Nous avons réfléchi autour des notions d’écrit et d’écriture, en prenant en compte l’emplacement particulier du collège au bord du canal de l’Ourcq et le nom de la commune sur laquelle il se situe : Les Pavillons-sous-Bois.

Les principes de code, d’écriture, de transcription, de décodage, de déchiffrage entrent dans nos préoccupations artistiques, selon un jeu de codage du réel.

Ainsi, l’œuvre que nous proposons pour le collège est issue d’un alphabet existant qui est le code international des signaux maritimes. Ce système permettait aux bateaux, avant l’usage de la radio, de communiquer entre eux. Aujourd’hui encore, cette écriture est connue des marins et utilisée dans différents cas de figure. Son principe est simple : chaque lettre de l’alphabet est symbolisée par un drapeau carré, appelé pavillon. Ce pavillon est hissé sur le mât, ainsi que d’autres à sa suite, afin d’adresser un message aux autres bateaux. Chaque pavillon représente donc une lettre, et aussi un code correspondant à une situation spécifique à la navigation.

Avec cet alphabet, nous avons choisi d’écrire une phrase provenant de la philosophie classique, pour la force de ses idées, son intemporalité et son humanité : « ON NE PEUT PAS ENTRER DEUX FOIS DANS LE MÊME FLEUVE » (Héraclite, Sur la Nature, 91ème fragment, VIe siècle avant J.-C.).

41 drapeaux en tissu représentant les 41 lettres de cette phrase constitueront une sculpture en forme d’étoile suspendue dans le hall d’entrée du collège. En écho aux drapeaux nationaux qui ornent la façade extérieure du collège, cet emplacement confère à l’oeuvre, un peu à la façon des nombreux drapeaux qui accueillent les visiteurs aux Nations Unies, une notion d’accueil et d’universalisme.

Nous envisageons également de développer autour de cette oeuvre un programme d’actions de médiation, et d’élaborer avec l’équipe du collège une liste d’ouvrages pour le CDI orientés sur les questions de navigation et de cartographie, ainsi qu’une sélection de romans en lien avec les grandes expéditions et la vie au fil de l’eau." Angela Detanico et Rafael Lain

Production de l’œuvre : Agence Pièces Montées Architecte du collège Anatole France : Epicuria Architectes. Maîtrise d’ouvrage : FAYAT.

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 Cyril Dietrich

Collège Pierre de Ronsard à Tremblay-en-France : « Perspectives », 2013-18

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À Tremblay-en-France, au collège Pierre de Ronsard dont la nouvelle architecture moderniste a été conçue par Jean-Pierre Lott, Perspectives de Cyril Dietrich est un « 1% artistique » peu banal qui rompt avec les cadres habituels. Ici, pas de sculpture, de peinture ou de mosaïque, mais un « work in progress », une œuvre qui doit évoluer et se transformer pendant une durée de cinq ans. Envisageant sa mission comme celle d’un médiateur, Cyril Dietrich a invité vingt-cinq autres artistes à collaborer à ce projet original.

Perspectives entend mettre l’accent sur le travail collectif et pluriel, tout en ouvrant le débat sur la place de l’« art dans l’éducation », avec une nouvelle approche de l’« œuvre d’art publique ». A la suite de fructueuses rencontres entre les artistes et les collégiens, dans le cadre d’ateliers, le projet de l’artiste est d’éditer de grandes séries de cartes postales faites spécialement pour et par le collège, par ses élèves, ses personnels, ses familles…

Architecte du collège Pierre-de-Ronsard : Jean-Pierre Lott

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